Trucs et astuces n°3 : faire travailler sa tête

Qui parmi vous n’a jamais eu la curiosité de regarder des vidéos de chiens surdoués sachant réaliser de magnifiques performances ? Et qui parmi vous, n’a jamais tenté de reproduire ces exploits ? Et encore une fois, qui parmi vous a laissé tomber cet apprentissage face à l’incrédulité et l’incompréhension de son chien ? N’insultez donc pas son intelligence, s’il n’a pas compris alors peut-être a-t-il été mal guidé ? Et puis, êtes-vous sûr qu’il apprécie ce genre de choses ?

 

Chez nous, en matière d’éducation, rien n’est ridicule. Même le tour qui semble inutile à première vue peut en réalité s’avérer d’une grande importance. Avez-vous déjà entendu parler du Medical Training ? Vous savez, toutes ces petites choses que les soigneurs enseignent aux dauphins/ours/hippopotames/etc dans les parcs pour pouvoir les soigner sans se faire manger tout cru… Eh bien vous pouvez vous y mettre aussi. Apprendre le « repos » (couché sur le côté) permettra une bien meilleure inspection du flan (y aurait-il des tiques dans ce beau pelage ?), le « donne la patte » servira à mieux regarder les coussinets (et vérifier la présence d’un épillet), le « debout-reste » peut être utile sur la table d’auscultation avec un chien anxieux… Bien d’autres petits tours existent pour faciliter et déstresser le moment des soins, et en tant qu’éducateurs canins, nous sommes là pour vous guider dans leur apprentissage !

Quoi d’autre… Marcher à reculons, marcher en vous regardant droit dans les yeux, marcher entre vos jambes, marcher sur vos pieds, slalomer entre vos jambes, tourner sur lui-même seront des exercices vraiment pratiques pour capter l’attention de votre compagnon lorsque vous en ressentirez le besoin (avez-vous déjà entendu parler de « détournement d’attention » ? Très utile pour faciliter la rencontre d’un congénère en balade ou pour désamorcer des situations stressantes).

Enseigner des « tricks » à son chien permet non seulement d’intensifier le lien existant entre l’animal et son maître, mais aussi de stimuler ses capacités intellectuelles, permettant en parallèle de le fatiguer mentalement.

 

N’ayez crainte si votre beagle semble moins intéressé par ce que vous lui demandez que le malinois de Youtube… Eh oui la race (la génétique) influence le comportement ! Votre chien n’est pas moins intelligent que l’autre, c’est juste que ses facultés naturelles font de lui un chien davantage tourné vers l’utilisation de sa truffe que vers l’obéissance à proprement parler. L’intelligence est bien présente au sein de ces deux races, mais elle ne s’observe pas sous le même angle.

Mais pourquoi cela semble-t-il si facile de faire de Rex le berger allemand un champion de l’obéissance, de Pedro le Galgo un compagnon de course infatigable, de Goliath l’Amstaff un dieu de l’haltérophilie et de Triksy la Teckel une chasseuse émérite ?

C’est simple, il faut savoir que toutes les races furent créées à l’origine pour répondre à des besoins : chiens de berger et bouvier pour la conduite et la garde des troupeaux / chiens de garde pour la sécurisation de personnes et de lieux / terriers, teckels, chiens courants, chiens d’arrêts, retrievers et lévriers pour la chasse / attelage pour certains, compagnie pour d’autres, et même assistance pour une petite élite !

Prenez donc en considération la race de votre chien afin d’appréhender un exercice, et ne vous découragez pas ! Tous sont capables de prouesses, certains on juste plus de facilités ou d’envies. Trouvez ce qui marche et ne baissez pas les bras. Avec certains chiens, un rapport d’objet sera instinctif alors qu’avec d’autres, il faudra décomposer chaque mouvement pour en intégrer la globalité. Travaillez selon ce que vous montre votre chien, à son rythme, avec les bons gestes et sans griller les étapes.

En matière d’éducation canine, certaines constantes existent, mais si lever une friandise au dessus du nez de votre chien ne provoque pas la position assise, il vous faudra trouver un autre subterfuge. Et n’oubliez pas que ce n’est qu’à force de répétitions que l’exercice deviendra véritablement acquis. Redoublez d’imagination pour trouver ce qui motive votre compagnon et usez de tous les outils à votre disposition pour rendre cela agréable et attractif. Et n’oubliez pas : on ne travaille pas avec son chien, on joue avec ! Ce doit devenir un plaisir pour lui de répondre à vos sollicitations.

 

L’adage « l’appétit vient en mangeant » se transpose à merveille dans le monde canin, car c’est à force de jouer avec vous à « l’éducation » que votre chien comprendra ce que vous attendez et se fera une joie de répondre à vos demandes. Attention cependant à ne pas tomber dans l’excès ! Oui, votre border collier est imbattable, mais n’en faites pas pour autant un robot… Nous voyons beaucoup trop de chiots « gavés » par l’apprentissage de trop nombreux tours au détriment d’un bon développement psychologique : arrivés à l’âge adulte, il ne font que suivre les mains du maître, confondent tous les exercices, et restent complètement conditionnés…Vous le savez, l‘excès n’est jamais positif.

A votre saucisson, prêts… Jouez !