Vous voulez apprendre à me connaître avant de vous engager avec moi ? C’est parti pour un petit questions / réponses :
TA VISION DU CHIEN
- Pour toi, c’est quoi bien vivre avec son chien ? C’est comme dans n’importe quelle relation : trouver les bons compromis qui permettent à tout le monde d’assouvir ses besoins et de vivre dans le respect de chacun. C’est aussi comprendre son chien et le respecter en tant que chien (donc dans toute son animalité : ses besoins spécifiques, ses instincts, sa génétique…)
- C’est quoi un chien équilibré, concrètement ? C’est un chien qui sait réfléchir avant d’agir, dont on respecte les besoins et qui présente des comportements adaptés à la société dans laquelle il évolue.
- La plus grosse erreur que font les humains avec leurs chiens ? Leur laisser la liberté totale de décision (un chien qui vit dans un monde d’humains ne prendra pas naturellement les décisions qui conviennent aux humains)
- Ton avis sur l’obéissance : priorité ou futilité ? Priorité, sans aucun doute. Obéir n’est pas un gros mot et ce n’est pas non plus priver le chien de liberté, au contraire ! Obéir c’est respecter les règles de sécurité justement pour avoir accès à cette liberté. Et c’est à l’humain d’enseigner ces règles de sécurité dans la joie et la coopération.
- Qu’est-ce qui t’agace le plus dans les discours actuels en éducation canine ? Oh tant de choses… Mais en premier je dirais le fait que le chien n’a plus le droit de ressentir aucune émotion forte. On le place dans un cocon loin de toute frustration ou toute notion d’effort. Et je récupère des chiens qui n’ont aucune gestion émotionnelle puisque dans la vraie vie, les émotions fortes arrivent même quand on ne les a pas prévues.
- Ce que tu refuses catégoriquement de faire “au nom de l’éducation” ? Douleurs, violence, humiliation, peur…
- Le truc que tu aimerais hurler à tous les propriétaires de chiens ? Arrêtez d’éviter le problème ! Ce n’est pas en allant vous balader au fond des bois à 6h du matin que votre chien arrêtera d’être réactif.
- À quoi tu reconnais un binôme humain-chien qui va vraiment bien ? Les deux se comprennent sans se parler
- La croyance sur les chiens que tu as dû complètement déconstruire ? Qu’il faut « les lâcher et laisser communiquer » : ça ne marche que sur des chiens bien codés mais quand on fait ça avec des chiens agressifs, ça ne fait que créer / amplifier les problèmes
- Si tu ne devais garder qu’une seule conviction sur le chien, ce serait laquelle ? Ils nous connaissent bien mieux que nous
TES MÉTHODES & TA PRATIQUE
- Depuis combien de temps tu exerces ? Depuis fin 2016. Depuis 2013, j’ai vécu avec 12 chiens dans ma forêt (toutes races, tous passifs, tous gabarits). Et mon mari est devenu cynotechnicien diplômé par la DGAC, spécialisé en olfaction (explosifs, punaises de lit et dératisation). Les chiens chez nous ce n’est pas juste un job, c’est notre vie entière… Ca fait 13 ans qu’on s’entraîne à diverses disciplines (agility, obéissance, cavage, canicross, détection, mantrailing, ring…) et qu’ils sont notre laboratoire d’expertise : une nouvelle technique, une approche différente à tester ? Hop, ils passent à la casserole ! On étudie les réponses, on tire les ficelles, on debrief ensemble des résultats et on reproduit ensuite (ou pas) en clientèle.
- Pourquoi tu as choisi la spécialité « réactivité et problèmes d’extérieur » ? Parce que c’est le mal du siècle… Et que parmi mes 12 chiens, 8 ont été réactifs. Je connais donc la réalité du terrain, les difficultés d’en promener plusieurs avec le stress de croiser un chien, les rappels ratés, les bagarres… Et les conseils théoriques d’internet qui ne fonctionnent que sur des cas faciles mais pas sur les vraies grosses problématiques. Pas sur les chiens qui s’en fichent de la friandise, qui ont de vraies intentions de mordre, qui se retournent contre leur humain, qui sont tellement puissants qu’ils nous font voler, qui vrillent complètement quand ils voient un chat, qui sont hypersensibles etc. La vraie vie quoi. Si j’avais été mieux aiguillée dès le début, j’aurais gagné beaucoup de temps. Mais j’ai appris avec eux, j’ai testé, j’ai ajusté ma pratique et j’ai aujourd’hui à coeur d’aider ces binômes en difficultés à découvrir le bonheur de se balader l’esprit léger sans attendre.
- Comment tu travailles concrètement avec les familles ? Une évaluation en tête à tête, une première séance en extérieur en tête à tête puis un an de collectif en petits groupes pour prendre le temps de (re)construire leur relation, intégrer les règles de savoir-vivre en société et entraîner à gérer les situations du quotidien.
- À quoi ressemble une séance avec toi ? Sous forme de balade en laisse ou en liberté, des exercices adaptés au niveau de chaque chien pour travailler des points précis, du bavardage entre nous, des explications sur la psychologie du chien, du décryptage sur ce qui se passe sous nos yeux lorsqu’ils communiquent, des réponses aux questions, des débriefs de difficultés rencontrées au cours de la semaine passée etc.
- Ce que tu fais quand un chien ne “progresse pas” ? On en discute, on voit où ça coince, on essaie de nouvelles choses mais jamais je ne laisse mon élève motivé et impliqué sur un échec en lui disant que c’est de sa faute et que son chien est irrattrapable
- Comment tu abordes les chiens dits “difficiles” ? En prenant le temps de comprendre d’où vient leur comportement compliqué, en leur laissant l’espace nécessaire pour travailler, et en les mettant en confiance petit à petit. Parce que au bout de la laisse d’un chien difficile, il y a un maître démuni qui a, lui aussi, besoin de temps pour s’adapter. Je trouve aussi les solutions qui permettent de mettre tout le monde en sécurité histoire que le maître puisse souffler lors des balades.
- Ta position sur les outils aversifs, en étant honnête ? C’est non par défaut. Si une utilisation est envisagée c’est uniquement dans le cadre de raisons de sécurité. Dans ces cas là, j’y réfléchis et j’en discute avec le propriétaire après plusieurs semaines de travail, pas après 3 séances comme outil de facilité. Et l’outil a pour objectif de disparaître ensuite : ce n’est pas une solution définitive, uniquement une transition le temps de retrouver une stabilité et une sécurité pour tous. Dans tous les cas, la douleur, la violence ou la peur sont proscrits dans ma pratique (colliers à pointe, canettes de clous, spray au poivre, mettre le chien sur le dos, le pendre au collier étrangleur et compagnie).
- Le problème que tu vois le plus chez tes clients ? Un gros manque de confiance en eux : avec tous les conseils trouvés sur internet ou avec le voisin Patrick, ils ne savent plus ce qui est bien pour leur chien.
- Le conseil que tu donnes presque à tout le monde ? Sortez plus souvent vos chiens en société en dehors de leur routine (et je n’ai pas dit en centre ville un samedi après-midi !)
- La chose la plus simple qui change énormément de choses ? Jouez avec vos chiens en balade ! Avec des interactions positives tout au long de la balade, le chien arrête de faire sa vie au bout de la laisse et commence à s’intéresser à son maître.
- Ce que tu refuses de promettre à tes clients ? Des résultats en deux semaines et un chien qui aime tous les chiens. Ils ont leur caractère et leur personnalité, je leur enseigne juste à être plus tolérants et moins explosifs dans leurs réponses. Pas à tout supporter sans broncher.
- Le cas qui t’a le plus marquée dans ton métier ? 3 chiens : Eliosse, chienne de chasse qui était réactive (explosive) à l’odeur des autres chiens passés par là. Un jour elle a cassé sa laisse à force de tourner en rond et a pris 300m pour retrouver un chien hors de vue. Chullo, Cane Corso de 70kg avec syndrôme de privation sensorielle qui voulait tuer tout ce qui bouge à plus de 30m. Looping, chien de chasse complètement déconnecté de la réalité, il occultait absolument tout sauf le gibier dès qu’il mettait le nez dehors
FORMATION & POSTURE PRO
- Quelle est ta formation principale ? Je n’ai pas une formation principale, j’ai un puzzle de formations : livres, thèses vétérinaires, séminaires, stages, conférences… (Joël Dehasse, Bertrand Deputte, Nathalie Krattinger, Steffi Trott, Dani Diaz, Marjorie Miltenberger, Simonne Raffa…), Je me suis formée sur les thèmes qui me manquaient pour ne pas rester coincée dans une manière de penser ou de faire. Et surtout beaucoup de pratique : j’ai tout de suite voulu appliquer ce que j’apprenais pour en comprendre les limites et trouver les solutions. Je ne fais pas partie des éducateurs à formation scientifique et purement théorique : je travaille sur le terrain, dans la vraie vie et j’ajuste en fonction des chiens avec un seul objectif, résoudre les problèmes.
- Ce qui t’a manqué dans ta formation ? La possibilité d’échanger sereinement avec les collègues, sans avoir toujours cette ambiance supérieur / inférieur de notre métier…
- Les formations qui ont vraiment transformé ta pratique ? Aucune, j’ai toujours pris ce qui m’intéressait et laissé de côté ce que je ne jugeais pas pertinent. Je n’ai pas une méthode révolutionnaire, juste de la cohérence et de la compréhension de la psychologie du chien.
- Ce que tu aimerais que tous les éducateurs comprennent plus tôt ? Qu’il n’existe pas une méthode et que personne ne détient la vérité. Je ne suis pas meilleure et je n’ai pas plus raison qu’un autre, les autres n’ont pas plus raison que moi : on a juste des expériences, des valeurs, des visions différentes. C’est le client qui décide de mes compétences et de ma valeur, pas mes collègues.
- La compétence la plus sous-estimée dans ce métier ? La gestion d’entreprise : beaucoup oublient qu’être éducateur c’est aussi être chef d’entreprise. Mais sur le plan purement canin, la compétence la plus sous estimée c’est tout ce qui concerne la relation client, le rapport à l’humain. On peut être doué avec les chiens, si on n’a pas un bon lien avec l’humain ça ne marche pas.
POSITIONNEMENT & VALEURS
- Pourquoi tu fais ce métier, vraiment ? Car j’adore enseigner, que la psychologie du chien me passionne et que le chien est trop malheureux / incompris dans notre société. La deuxième grosse raison c’est que mes mantras dans la vie sont autonomie et liberté : ce métier me permet d’assouvir les deux.
- Ton plus gros non-négociable dans ta façon de travailler ? Pas de violence, de peur ou de douleur
- Ce que tu refuses de sacrifier pour “réussir” ? Mettre le chien dans des situations néfastes juste pour faire des vidéos qui feront le buzz. Je refuse également de taper sur les collègues pour me mettre en lumière : je respecte chaque manière de travailler même lorsque je ne suis pas d’accord.
- Ce que ton métier t’a appris sur l’humain ? Quand on creuse un peu, il y a toujours un coeur sous la carapace. Personne n’est foncièrement mauvais, il suffit des fois simplement de parler un peu pour se rendre compte qu’on n’est pas si différents
- Ce que tu aimerais laisser comme trace auprès de tes clients ? Une relation saine et paisible avec leur chien, leur avoir montré qu’on peut kiffer la vie avec son chien et que ça ne se résume pas qu’à faire le tour du quartier avec la laisse à enrouleur. Il y a tellement d’émotions fortes à partager avec son chien.
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