Trucs et astuces n°6 : l’adoption hors élevage

En tant qu’éducateur canin, je n’ai pas à prendre position sur le choix à faire entre achat et adoption. Je ne l’ai d’ailleurs pas fait car sur les 8, 3 ont été adoptés chiots en élevage et 5 via d’autres solutions.
Le choix que vous ferez dépendra de vos attentes et de ce que vous recherchez comme compagnon de vie. Le choix d’un chiot en élevage est plus sur si vous souhaitez vous lancer avec un chien dont vous connaîtrez toutes ses origines, ses maladies potentielles, son caractère probable à l’âge adulte, ses capacités certaines pour telle discipline… L’adoption, quant à elle, se base plus sur un coup de cœur et permet au propriétaire de faire une très belle action envers tous ces animaux abandonnés…
Voici donc un petit guide sur l’adoption hors élevage :

1) Le chien abandonné en refuge :
On ne connaît ni son passé ni sa race, on ne connaît pas non plus ses tares génétiques ni les belles qualités de sa lignée. Seuls le temps et l’expérience au sein de votre famille pourront définir ses traits de caractère, ses aptitudes physiques et ses besoins et limites psychologiques. On pourrait penser qu’un chien qui a vécu dans une cage pendant plusieurs mois / années sera irrécupérable, asocial et destructeur mais il n’en est rien. Ce sont au contraire de super chiens qui ne demandent qu’à être choyés et à apprendre à vivre normalement. La plupart des abandons en refuges ne sont pas liés à des problèmes comportementaux mais plutôt à la contrainte que représente un chien… Départs en vacances, allergies, saletés… Les chiens de refuges ne sont pas (tous) des chiens à problème.
Parfois certaines associations placent leurs chiens en familles d’accueil où ils peuvent réapprendre à vivre une vie de chien normale et à se conformer aux règles de la maison et des balades. C’est une bonne occasion pour discuter avec la famille d’accueil qui aura eu le temps d’apprendre à connaître le caractère du chien.

2) Le chien abandonné via des petites annonces :
Saut s’il s’agit d’une arnaque, le chien vit chez le propriétaire qui connaît donc son passé, sa lignée, son caractère etc. Vous pouvez en discuter longuement pour définir s’il correspond à votre mode de vie, si vous pouvez assouvir ses besoins et si vous ferez un beau binôme. Vous pouvez même aller le rencontrer à plusieurs reprises pour être sur de votre choix avant de sauter le pas. Seul inconvénient, contrairement à l’abandon du chien en refuge sur un coup de tête pour cause de départ en vacances, l’abandon du chien via des petites annonces est plus souvent lié à des problèmes comportementaux (destruction, aboiements, agressivité). A vous d’en discuter avec le propriétaire et définir si vous serez capable de palier à ces soucis.

3) Le chien de travail
Adoption plutôt particulière, le chien de travail est très souvent fourni par le centre de formation où le professionnel s’entraîne régulièrement. Dans ces cas là, le binôme doit apprendre à vivre ensemble, travailler ensemble et à se faire confiance mutuellement. La relation met parfois plus de temps à se créer, mais elle est indispensable pour une bonne efficacité au travail.
Le chien de travail a, normalement, un fort caractère qui doit être correctement maîtrisé par son maître. On connaît rarement son passé ni les méthodes utilisées pour son éducation lors de ses passages dans différentes familles… Ce ne sont pas les chiens les plus faciles à vivre mais s’ils sont accompagnés par un maître patient et compétent, ils font de très bons compagnons de travail.
Evidemment, il est aussi possible d’adopter un chien de travail en élevage à ses 2 mois et le monter entièrement à sa main. Mais nous parlons ici d’adoption, donc ce sera pour un prochain article.

 

4) Le chien d’assistance :
Pour aveugle, handicapé, diabétique, épileptique… Le chien d’assistance est pleinement éduqué, conditionné, socialisé, c’est un chien parfaitement équilibré mais il ne doit pas être considéré comme un chien de famille. Il est une aide au quotidien et le maître doit se conformer aux exigences émises par le centre de formation pour ne pas perturber les acquis du chien et donc son efficacité au travail. Ils sont une aide précieuse pour les personnes dans le besoin et le lien qui les unit est unique et basé sur la confiance mutuelle.

 

Quel que soit le type d’adoption, il est important de laisser au chien le temps de s’acclimater à sa nouvelle vie. Dans la plupart des cas, vous verrez une évolution d’abord négative de son comportement : à l’adoption, il était si gentil, si obéissant, si calme. Et en quelques semaines son comportement s’est dégradé… Ne lui en voulez pas, il apprend à vous faire confiance, il teste les limites et apprend les règles de la maison. C’est le bon moment pour mettre en place le B-A-BA des exercices d’éducation comme avec un chiot où vous lui apprenez, positivement, ce qu’il a le droit de faire ou non.
Après cette période d’acclimatation de plusieurs semaines / mois, vous découvrirez réellement son vrai caractère et vous pourrez profiter pleinement de votre nouveau compagnon.

N’hésitez pas à faire appel à un éducateur canin dès l’adoption, il vous aidera à comprendre votre chien et à l’accompagner au mieux dans sa nouvelle vie auprès de vous sans risquer les faux pas. Cet accompagnement devient presque indispensable si vous adoptez un chien hypersensible ou traumatisé car il lui faudra beaucoup plus de temps et d’efforts pour à nouveau accorder sa confiance.