Trucs et astuces n°1 : la muselière

Snow est un husky très gentil et apprécié dans tout le quartier, il accoure chaque jour à la même heure au portail pour recevoir sa dose journalière de câlins de la part des enfants. Ses humains l’emmènent promener tous les jours en forêt, il s’arrête dire bonjour à tous les passants et sait chasser les mulots comme personne.
Seulement un jour, à l’aube de son 2ème anniversaire, personne ne saura jamais pourquoi, Snow a mordu Sarah, cette petite fille qui venait le caresser tous les jours à la sortie de l’école. Ses humains sont dévastés mais contraints de museler leur si gentil husky. Snow ne comprend pas ce qui lui arrive : non seulement les enfants ne sont plus au rendez-vous journalier, mais en plus il doit supporter ce bout de tissu qu’on lui a imposé de garder autour du museau et qui l’empêche dorénavant de jouer au bâton avec son humain ou de chasser les mulots lors des balades. Ce n’est pourtant pas faute d’essayer de l’enlever à coups de pattes ou en frottant le nez sur le goudron…

Newton est un jeune berger australien qui vit avec son humaine depuis ses 2 mois. Elle sait que pour son développement mental, son petit chiot doit voir des tas de situations diverses, c’est pourquoi elle l’emmène partout avec elle et l’habitue à être manipulé par des inconnus, entendre des bruits soudains et rencontrer d’autres copains. Seulement, malgré tous ses efforts, Newton reste très craintif envers les inconnus et cela ne s’arrange pas avec le temps. Les balades en ville deviennent un calvaire pour son humaine qui décide de finalement l’emmener promener uniquement à la campagne dans des lieux peu fréquentés. Malheureusement, cela ne fait que renforcer la peur de Newton…
Alors elle finit par opter pour la muselière. Elle emmène Newton en animalerie pour acheter son nouvel accessoire et commence à travailler cet exercice comme elle travaille tous les autres tours qu’elle lui a appris : de façon positive. Après plusieurs semaines, lorsque Newton est habitué à sa muselière, elle invite ses amis à dîner : quelle joie pour Newton de pouvoir rester dans la même pièce que son humaine lors de ce dîner, et de ne pas être relayé dans la chambre pour évacuer le stress comme c’était le cas d’habitude. Les invités sont rassurés et détendus et lui offrent même quelques morceaux de jambon. Avec beaucoup de temps, de travail et de patience, Newton prend confiance en lui lors des balades en ville grâce à une humaine qui gère beaucoup mieux son anxiété. Bientôt, Newton connaîtra le plaisir de la balade démuselée sans aucun risque pour les passants.

 

A retenir :

  • La muselière n’est pas un « outil de la honte », elle sert très souvent à travailler un comportement indésirable en toute sécurité pour le chien et pour les personnes autour.
  • L’apprentissage doit se faire sur plusieurs semaines, étape par étape, avec beaucoup de douceur, comme n’importe quel autre exercice.
  • Un chien « marqué » par la muselière prendra beaucoup plus de temps à rattraper.
  • Même le plus gentil des chiens peut, un jour, avoir besoin de porter une muselière (lors d’un trajet en train par exemple). Alors autant prendre le temps d’effectuer cet apprentissage en amont, pour éviter les « séquelles » plus tard.
  • Un vétérinaire qui a besoin de museler le chien pour effectuer des soins ne mettra pas deux mois à le lui apprendre de façon positive… Et un chien turbulent peut éviter l’anesthésie s’il est muselé. Encore une fois, autant préparer son chien en amont à cette éventualité.
  • Même une fois l’exercice parfaitement acquis, il est conseillé de le retravailler de temps en temps, pour que le jour où le cas se présente, même si c’est dans 5 ans, le chien ait toujours l’habitude de porter la muselière. Ainsi, tout ne sera pas à recommencer depuis le début.
  • Le chien de travail a lui aussi le droit d’apprendre le port de la muselière de frappe de façon positive, étape par étape. Il portera la muselière sur tout son temps de travail, alors pour son bien-être, il est important de l’assimiler en exercice sympa à réaliser.

Photo d’illustration : Millésime, au début de son apprentissage